loader image

Nature en ville : méthodes et gestion de projet

Nature en ville zone humide
Restauration de la rivière du parc Bishan à Singapour – Avant (2008) et après restauration (2012)Consulting Dreiseitl.

Le concept de nature en ville peut se définir comme tout projet permettant d’amener de la biodiversité dans sa ville, que cela soit dans l’amélioration des espaces protégés actuels, ou bien dans la création de nouveaux espaces de biodiversité.

Et ce n’est plus nouveau, de plus en plus d’études montrent l’importance d’intégrer la nature en ville pour générer des avantages autant pour l’humain (air moins pollué, stress réduit, qualité de vie…) que pour la biodiversité (réintroduction d’espèces, sensibilisation à la protection…).

D’ailleurs, les avantages sont encore plus nombreux si le projet de nature en ville consiste à intégrer une zone humide. L’image ci-dessus montre un bel exemple de ce type de projet à Singapour, dans le parc central de Bishan, où l’on peut voir que l’état naturel de la rivière a été restauré, apportant ainsi les avantages cités précédemment. Mais ce projet a également permis un autre avantage très important : celui de réduire les crues de la rivière et donc les inondations qui se propageaient jusque dans la ville. Nous verrons ce projet de nature en ville en détail dans cet article.

Cependant, une question se pose naturellement : qui peut intégrer ce type de projet dans sa ville ?

Il y a une réponse simple : le citoyen, avec sa participation et son pouvoir d’action (le pouvoir citoyen est étudié en 2ème année de Bachelor Éco-Manager dans le cadre de la Transition Écologique Sociale et Solidaire).

Mais cette réponse peut être complexe car un projet de nature en ville intégrant une zone humide peut entraîner des conflits d’usage entre les citoyens et/ou les acteurs publics. Cela implique donc de savoir gérer et anticiper ces conflits, et c’est justement ce que nous abordons dans la 2ème partie de cet article.

Mais avant cela, voyageons vers Singapour pour découvrir ce superbe projet de nature en ville intégrant une zone humide !

Les avantages de la nature en ville intégrant des zones humides.

En matière de gestion de la nature en ville, la réputation de Singapour n’est plus à faire. Cette ville est clairement en avance.

Non seulement elle intègre des batiments entiers végétalisés, mais ses rues se mêlent également avec des cours d’eau où vivent même des animaux partageant la ville avec les citoyens. Comme c’est le cas des loutres. L’entente atteint un tel niveau que les policiers arrêtent la circulation pour les laisser passer :

Singapour est donc aujourd’hui un réel cas d’école en matière de nature en ville.

Et nous allons nous intéresser plus particulièrement à la restauration de la rivière du parc Ang Mo Kio de Bishan. En effet, en 2008, cette dernière était canalisée de la même manière que sont la plupart des rivières et fleuves qui traversent nos villes.

Mais sous l’impulsion des citoyens et de la politique du pays, ce projet de nature en ville a été réalisé, et voici une vidéo du bureau d’étude Julia Dreiseitl où l’on remarque bien l’avant/après :

Vous pouvez découvrir d’autres vidéos et tous les détails du projet sur le site du bureau d’étude.

La nature en ville pour lutter contre les conséquences du changement climatique.

Aujourd’hui, ce projet apporte de nombreux avantages autant pour l’humain que pour la biodiversité. Mais si nous avons choisi de vous parler de ce projet en particulier, c’est parce qu’il permet notamment d’atteindre un des objectifs capital du dernier rapport du GIEC : créer des solutions pour limiter les inondations.

En effet, jusqu’alors, cette partie de la ville subissait de lourdes inondations par les crues importantes de la rivière. Tandis qu’aujourd’hui, la crue se contient dans le lit, lui-même étendu grâce à l’installation de zone tampon (technique de restauration permettant de créer des zones végétalisées ou la rivière peut déborder).

Dry+and+Wet.jpg
Les crues de la rivière Kallang du parc sont contenues par les zones tampons (berges prévues pour être innondables).

En plus de la lutte contre les inondations, nous pouvons également parler de la lutte contre les canicules (déclenchées par le dérèglement climatique). En effet, une zone humide permet est un îlot de fraîcheur et permet de réduire la température des villes.

Enfin, une zone humide s’accompagne toujours de végétaux, permettant ainsi de capter plus de carbone. Rappelons qu’à l’échelle mondiale 20 à 30% du carbone est stocké dans le sol par les zones humides.

Changer de vision pour apporter la nature en ville.

Ce qui est important de souligner, c’est le changement de pensée, de perception des zones humides. Au lieu de voir cette rivière comme un handicap à gérer, les citoyens perçoivent ses avantages en tant que ressources. C’est ce changement de vision qui est à la base de ce type de projet de nature en ville.

Une image du rapport de Ramboll, bureau d’étude et d’innovation environnementale, permet de comprendre ce changement de pensée :

En plus de présenter ce projet, la fin de ce rapport explique également tous les biens faits des zones humides (et de la nature en ville de manière générale) pour la santé. Nous vous invitons à le consulter consulter ici.

Les projets de nature en ville et comment les mener sont étudiés dans toutes les options de nos Mastères Ingénierie Écologique, dans le module  » Nature en ville ». Par exemple, nous étudions comment faire en sorte que le chantier d’un projet de nature en ville réduise ses impacts grâce à l’instauration d’une charte de chantier vert (voici un exemple de cette charte dans le cadre d’un chantier de création d’un centre de tri dans les Hauts de Seine – disponible aussi ici).

Mais il ne suffit pas toujours de savoir comment mener ce type de projet. En effet, ces projets dépendent des citoyens et de nombreux acteurs. Il faut donc parfois savoir gérer les conflits pour concrétiser un tel projet. Voyons tout ceci en détail.

Comment gérer un conflit ?

Les zones humides (appelées aussi milieux humides) sont des espaces multi-usages et sont donc propices aux conflits, notamment lorsque demeure une mauvaise reconnaissance de ces zones par les usagers et les acteurs du territoire. De plus, la réglementation est jugée trop complexe et trop contraignante, en particulier dans l’application de la démarche ERC (Éviter, Réduire, Compenser) prévue par la loi sur l’Eau.

Il devient donc nécessaire d’appliquer des bonnes pratiques afin de trouver une solution qui soit acceptable par tous les acteurs. En voici donc quelques-unes.

Identifier les dimensions espace-temps pour mieux comprendre le conflit.

Avant de prendre contact avec les parties prenantes, identifiez clairement les 2 dimensions suivantes :

  • Dimensions spatiales :
    Les zones humides sont en interaction avec de nombreux systèmes, il est donc important de ne pas circonscrire le conflit uniquement à la zone de tension dite. La bonne échelle spatiale serait la zone d’action des gérants du site du conflit. En agrandissant cet espace, nous pouvons intégrer plus de protagonistes souvent moins concernés avec une vision plus objective du conflit, qui seront d’ailleurs des médiateurs intéressants.

    Par exemple, une problématique de manque d’entretien des digues va pouvoir affecter d’abord quelques parcelles agricoles puis elle concernera des usages et des territoires beaucoup plus larges.

    La structure de gouvernance doit intégrer l’ensemble des parties prenantes du conflit. L’idée est de voir le conflit comme une opportunité de construire une nouvelle politique de territoire.
  • Dimensions temporelles :
    Il est très utile d’étudier géographiquement et historiquement le territoire au cours des années précédant le conflit. En effet, un conflit identique pourrait avoir déjà existé. Il est donc important de l’identifier pour, cette fois-ci, lui trouver une solution pérenne.

Proposer des alternatives crédibles.

Lors des réunions de gouvernance, il est important que les choix opérés soient des choix réels et non des décisions repoussoirs. Ceci afin que les parties prenantes ne se sentent pas lésées et dépourvues de leur pouvoir de décision.

Il faut concevoir ce moment de consultation comme une chance réelle et non comme une contrainte en laissant place à l’échange et au débat, en conduisant efficacement la réunion pour fédérer l’ensemble des protagonistes derrière un choix, au mieux un consensus.

Ces discussions participatives permettent souvent d’aboutir à une solution non envisagée au départ, mais bien souvent meilleure. Surtout, elles permettent de s’assurer une pérennité au projet grâce à une participation de tous.

Séparer “problèmes de personnes” et “problèmes d’enjeux de négociations”.

Le conflit permet généralement de mettre en évidence les liens entre les acteurs, les compatibilités ou incompatibilités logiques ou sociales. Il faut donc essayer un maximum de séparer les problèmes de personnes des difficultés de fond.

Voici quelques pistes :

  • Limiter les interventions personnelles et s’appuyer au maximum sur les structures représentatives légitimes. Par exemple, inviter le représentant de la fédération de la pêche plutôt que les pêcheurs.
  • Limiter le nombre de participants pour chaque partie prenante. L’erreur à éviter est de mettre autour de la table trop de représentants pour la partie prenante d’opposition et de se retrouver dans des situations de surenchère. Il convient ici d’avoir une structure de gouvernance équilibrée. De plus, le travail en petit comité permet de déminer le terrain, favorise la prise de parole et limite les tensions entre personnes.
  • Mettre en place un “turn-over” des représentants des parties prenantes pour éviter un blocage dû aux problèmes liés aux personnes. Toutefois, cela implique de travailler avec des personnes moins au fait du dossier. C’est un problème mais il n’est pas insurmontable s’il est anticipé.
  • Mettre en place un cadre d’engagement moral qui permet de limiter les comportements déviants.
  • Gérer le temps de parole et se former à la conduite de réunion : la gestion du temps, la mise en place de règles de participation/permissions font que la réunion sera efficace ou non.

S’exprimer sur les besoins et non le conflit pour trouver des solutions gagnantes pour tous.

Exprimer ses besoins permet à l’autre partie prenante de se mettre, quand c’est possible, à la place de son interlocuteur et ainsi d’envisager une solution gagnante pour tout le monde. Cela permet aussi de mettre en exergue les intérêts cachés.

Le conflit favorise donc la recherche collective de solutions “gagnant-gagnant” sur un projet commun de territoire. Ces solutions mutuellement satisfaisantes sont dites « intégratives ».

Se baser sur des critères légitimes et concret.

Il est nécessaire de développer un outil d’aide à la décision afin de mettre en œuvre des critères les plus objectifs et légitimes possibles.

Nous vous conseillons de faire en sorte que les critères soient fondés sur une argumentation scientifique ou sur des notions d’intérêt patrimonial, autant que possible.

Voici un exemple d’outil qui peut aider à la décision : la création de carte SIG. 

Le SIG est un Système d’Information Géographique qui permet de représenter et d’analyser tout ce qui existe sur Terre et les changements qui y sont opérés. On y retrouve :

  • Des données sur la forme et la localisation de ces objets dans l’espace.
  • Des données alphanumériques permettant de décrire les objets, leur qualité, leur quantité.

Comme le SIG stocke des données concernant le monde sous forme de couches thématiques pouvant être reliées les unes aux autres, il permet une analyse plus fine et rapide qu’une carte classique. D’ailleurs, notre article sur les outils de l’ingénieur·e écologue présente le logiciel de cartographie QGIS permettant de travailler avec des cartes SIG.

Ainsi, par leur précision, les SIG permettent de résoudre un grand nombre de problèmes concrets. Et en l’absence d’accord, de déterminer la meilleure alternative.

Certains désaccords sont si profonds qu’une solution collaborative est impossible à mettre en place. Il convient dans ce cas d’avoir recours à un tiers, un médiateur externe.

Maintenant que nous avons vu quelques pratiques pour gérer un conflit existant, voyons comment les anticiper.

Comment anticiper et prévenir un conflit ?

Les moyens à mettre en œuvre pour prévenir un conflit s’articulent autour de 4 axes : bien connaître le sujet et le territoire concerné, planifier tous les détails de déroulement du projet dans des documents de planification partagés, développer un dialogue social et une conscience commune.

Commençons par le 1er axe concernant l’expertise et la maitrise des connaissances en vigueur.

Bien connaître le sujet et le territoire concerné.

Le préalable à toute politique de prévention des conflits est de réaliser un diagnostic et un état des lieux du sujet concerné sur son territoire. Cela permet :

  • d’avoir une approche systémique (globale) prenant en compte tous les aspects (environnementaux, historiques, socio-économiques, culturels, etc),
  • de bien définir et préciser le vocabulaire employé pour ne pas engendrer des incompréhensions et donc des mésententes,
  • bien identifier tous les usages, usagers et acteurs impliqués et d’analyser les relations qu’ils ont entre eux : coopération, opposition, concurrence…

Et si l’on reste dans le cadre de cet article concernant les zones humides, il est également important que le diagnostic prenne en compte les points suivants :

  • La délimitation des zones humides et leurs Espaces de Bon Fonctionnement EBF (voici un guide vous permettant d’étudier le concept d’Espace de Bon Fonctionnement des cours d’eau et zones humides, rédigé par le Comité de bassin Rhône-Méditérannée dans le cadre du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux SDAGE – disponible aussi ici).
  • Les zones humides sont intégrées à un écosystème plus large (cours d’eau, ripisylve, eaux souterraines) et plus largement à un bassin versant* avec lequel ils sont en profonde interaction.
Explication schéma Bassin versant de l'Office International de l'eau
Schéma explicatif du concept de Bassin Versant. Le bassin versant est un espace qui draine l’ensemble de ses eaux vers un exutoire commun (cours d’eau et/ou mer). C’est la surface d’alimentation d’un cours d’eau ou d’un lac, une aire de collecte limitée par le contour à l’ intérieur duquel se rassemblent les eaux précipitées qui s’écoulent en surface et en souterrain vers une sortie.

Planifier tous les détails de déroulement du projet.

Une fois les connaissances acquises, il est important de les employer au mieux en les intégrant dans des documents de planification qui soient accessibles et partagés entre tous les acteurs.

La plupart du temps, on se sert de la règlementation pour planifier des projets de nature en ville. On constate d’ailleurs que les porteurs de projets connaissent peu la réglementation associée à leur sujet et donc ne peuvent prévoir les impacts de leur projet. Il en résulte une précipitation des démarches qui engendre des tensions avec les services de l’État et autres acteurs du territoire.

Étant donné que l’on aborde des questions d’urbanisme et d’aménagement, la règlementation est bien souvent présente pour guider le déroulement des opérations, comme par exemple avec le Plan Local d’Urbanisme PLU (c’est un document d’urbanisme communal ou intercommunal (PLUi) qui détermine les conditions d’aménagement et d’utilisation des sols).

Et si le projet s’inscrit dans une démarche ERC (Éviter Réduire Compenser), il y a également un règlement et des étapes à respecter. Voici quelques conseils, toujours dans le cadre d’un projet de zone humide (et lié avec une démarche ERC) :

  • faire un inventaire précis des zones humides de son territoire,
  • évaluer les impacts de l’urbanisation programmée sur ces zones,
  • éviter (au mieux) et/ou réduire ces impacts au maximum,
  • évaluer les impacts résiduels,
  • prévoir les mesures compensatoires pour répondre aux besoins (cela permet d’orienter les aménagements futurs et d’organiser les compensations pour éviter des dérives).

Cette approche est classique. Il s’agit de ne plus percevoir la gestion des zones humides comme des contraintes d’aménagement, mais comme des opportunités, des ressources qui vont orienter l’aménagement du territoire vers des solutions plus intelligentes et résilientes décidées très tôt.

Toutefois, attention à ce que l’ERC ne devienne pas un droit à détruire. Pour ce faire, il ne faut pas hésiter à consulter le recueil d’information de l’INRAE, qui regroupe les informations les plus importantes concernant les Site Naturel de Compensation. Ce recueil offre un cadre pour ceux qui souhaitent prévoir des mesures compensatoires dès le document de planification.

Développer un dialogue social.

Plus la communication sera positive entre les parties prenantes et plus les tensions resteront stables, voire diminueront. Il est de ce fait important que le dialogue social soit de qualité.

Nous l’avons déjà vu, le fait que les parties prenantes présentent leurs besoins permet déjà d’éviter de nombreux conflits, voir de déclencher des bénéfices gagnant-gagnant. À titre d’exemple, nous pouvons parler d’une conscience commune qui existe déjà : celle du tourisme local.

En effet, la conscience commune de la valeur d’un territoire apporte des avantages aux touristes et aux agriculteurs. Les touristes bénéficient des chemins modelés par l’activité quotidienne des agriculteurs, et les agriculteurs bénéficient des retombées économiques touristiques en ayant un point de vente local orienté “terroir”.

Quand les parties prenantes se connaissent, il est plus facile d’avoir une régulation autonome des tensions. Par exemple, un riverain de zone humide qui connaît personnellement l’exploitant agricole de la zone aura plus de facilité à proposer une solution à l’amiable plutôt que de s’engager dans un recours administratif.

Donc pour assurer un dialogue social de qualité, il faut :

  • assurer des interactions positives où les parties prenantes tirent des bénéfices mutuels.
  • cultiver le vivre ensemble, culture de conciliation : prévention, gestion de conflits, exécution des décisions, apaisement.

Mais développer un dialogue social ne suffit pas, il faut également notre 4ème et dernier ingrédient : une conscience commune.

Développer une conscience commune.

En effet, le dialogue n’est pas toujours suffisant. Il faut aussi développer une entente commune car plus les perceptions sont partagées, moins les conflits d’usage surviennent.

Par exemple, dans le cadre des zones humides, il convient de développer :

  • des actions de sensibilisation et d’information pour présenter la diversité des usages des zones humides (l’école est un bon point d’accueil pour obtenir une participation large,
  • la création ou la modification des structures de gouvernance, de gestion dédiées aux zones humides et propres au dialogue social (association, syndicat de gestion…),
  • les procédures de participation du public aux aménagements prévus dans les documents de planification (outils collaboratifs, concertations préalables, enquête publique…)
  • développer des interfaces entre le local et le global. Par exemple, les associations locales comme la LPO accompagne des mairies et des citoyens à mettre en valeur la nature en ville par l’action de suivi et de labellisation.

Pour vous aider, il est possible d’utiliser le concept de “porte d’entrée” (Duhigg, 2012). Ce concept permet de développer une conscience commune d’un sujet sans qu’il devienne directement une cible de critique ou de mauvaise volonté.

Dans ce concept, les “portes d’entrée” permettent d’orienter la conscience commune vers un objet plus consensuel. Il est donc possible d’unifier les représentations des parties prenantes autour de “portes d’entrée”. Il ne faut donc pas hésiter à chercher différentes portes d’entrée pour amener votre sujet et le présenter sous plusieurs angles qui rallieront toutes les parties prenantes.

Voici quelques exemples de porte d’entrée qu’il est possible d’utiliser pour développer un projet de zone humide :

  • Porte d’entrée “projet de paysage”.

La notion de paysage est sensible car esthétique. Elle permet de rassembler toutes les parties prenantes autour d’un projet commun. Cette approche permet de construire une image, une identité socialement partagée d’un milieu. Il faut intégrer des personnes compétentes (paysagiste DPLG, “paysagiste-architecte”) autour de la table de discussion pour mettre en place un projet paysager intégrant les zones humides.

Approche intéressante et d’actualité si on prend en considération les derniers résultats du rapport du GIEC indiquant un risque accru d’inondations à venir dans plusieurs pays. C’est ce que nous venons de voir en 1ère partie de cet article, avec notre exemple de Singapour. La problématique de prévention des inondations se couple aux enjeux des zones humides pour une meilleure acceptation sociale du projet de territoire.

  • Porte d’entrée “préservation de la ressource en eau”.

L’eau est un bien commun à préserver. Solliciter un agriculteur pour lui demander de modifier ses pratiques culturales afin de préserver la qualité de l’eau est plus convaincant que de lui demander dans le but de préserver la biodiversité d’un marais. On préserve indirectement le milieu humide.

  • Porte d’entrée “patrimoine”.

Lavoirs, puits, sources, fontaines, mares, lacs… sont des zones humides patrimoniales tant sur le plan écologique qu’humain. En faisant de ces espaces un témoignage du passé, on peut amener des acteurs de la conservation à un projet intégrant les MH.

FLOREALPES : Sorbus legrei / Sorbier de Legre / Rosaceae / Fiche détaillée  Fleurs des Hautes-Alpes
Sorbus legrei / Sorbier de Legre est une plante endémique du patrimoine des alpes et de provence.

Pour terminer cet article, il est important de souligner que les conflits d’usage existeront toujours. L’intervention d’un tiers est souvent efficace. Nous l’avons vu une communication entre citoyens et une transparence des besoins et des enjeux permet d’ajuster la vision du groupe vers des actions profitables pour la nature.

Comment modifier les représentations des citoyens qu’ils souhaitent intégrer la nature dans leur quotidien et leur environnement direct ?

Comment leur permettre d’en savoir plus pour qu’ils aient une autre lecture de l’environnement ? Une connaissance suffisante (plus poussée) de l’environnement dans lequel ils vivent et pour qui ils trouveront des solutions.

C’est ce que nous abordons en 2ème année du Bachelor Éco-Manager, dans le chapitre intitulé “ Pérenniser l’action citoyenne : éducation et appréciations citadines de la nature en ville ” – unité d’enseignement  » Transition Écologique Sociale et Solidaire ».

Grâce à ces notions, vous serez à même d’initier des projets nature en ville dans votre région pour protéger le Vivant, en tant que citoyen ou travaillant dans les métiers de l’environnement !

Articles en lien :

Detection des pollutions et analyse eau

Outils et protocoles des Bioindicateurs

Les bioindicateurs sont utilisés pour détecter la pollution environnementale par les analystes environnementaux, les ingénieurs analyste de l’air ou de l’eau, ou encore les agents de surveillance Écologie marine et eaux douces, etc.

Lire la suite...

Recevez votre documentation gratuite

Abonnez-vous à nos travaux de recherche dans la grande bibliothèque de la Nature 🦉 !